Congobrazzaville2016

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Sur l’effondrement du Congo Brazzaville

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 Sur l‘effondrement du Congo Brazzaville

(…) Dans son livre « Le sens des choses », Jacques ATTALI écrit : « Ne pas comprendre, c’est ne pas pouvoir prévoir et en particulier, ne pas pouvoir prévoir les menaces ». En effet, gouverner, c’est prévoir et anticiper les risques ou les menaces qui peuvent survenir dans un Etat, une institution ou une organisation publique ou privée. Depuis plusieurs années, l’opposition congolaise n’a eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme et de proclamer urbi et orbi que notre pays traversait une crise multidimensionnelle grave. Faisant la politique de l’autruche, le pouvoir a toujours clamé de façon péremptoire qu’il n’y a pas de crise au Congo et que notre pays se portait bien et même très bien. Malheureusement, les faits sont têtus. Aujourd’hui, il est établi de façon irréfutable que le Congo-Brazzaville traverse une crise économique, financière, sociale, politique et sécuritaire gravissime. Il est dans un état comateux.

Selon les ministres des Finances des pays membres de la zone franc (CEMAC, UEMOA, COMORES) et de la France, réunis à Brazzaville, le 13 avril 2018, « la grave crise congolaise menace de pousser à l’effondrement l’ensemble de la zone CEMAC, si des réformes nécessaires ne sont pas entreprises par les autorités congolaises pour redresser les comptes et les équilibres indispensables, après un audit sérieux de la gouvernance et de la corruption. C’est la condition qui permettra la conclusion d’un accord avec le FMI, préalable à une éventuelle aide de la France de 135 millions d’euros ».

Pour sa part, décrivant la situation actuelle du Congo, monsieur Abdoul Aziz Wane, chef de la mission du FMI qui a séjourné au Congo du 3 au 18 avril 2018, a déclaré dans le communiqué de presse publié en fin de mission :

(…) L’économie congolaise souffre des effets des bas prix du pétrole, une dette insoutenable et des défis importants liés à la gouvernance. Une récession prolongée de l’économie non pétrolière affecte négativement les populations vulnérables. Le niveau élevé de la dette et l’accumulation d’arriérés qui en a résulté nuisent à la confiance des investisseurs, la stabilité du système financier, ainsi qu’aux services sociaux. Les faiblesses dans la gouvernance et la lutte contre la corruption ont exacerbé les lacunes dans la mise en œuvre des lois et règlements et les vulnérabilités économiques. Les autorités doivent entreprendre des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance pour traduire en action la rupture avec les politiques et pratiques du passé, proclamée par le gouvernement (..).

Comme il est aisé de le constater à travers ces différentes déclarations des ministres des finances des pays membres de la zone franc, ainsi que du FMI, la XIIe Coordination nationale de l’ARD se tient à un moment où la situation générale de notre pays est cadavérique. Si le Congo était une entreprise, il aurait déjà déposé le bilan et mis la clé sous le paillasson. L’Etat est en banqueroute. Il n’honore plus, ni les échéances de paiement de la dette extérieure et de la dette intérieure, ni les charges courantes. Cette situation catastrophique engendre des drames dans les foyers.

Face au chaos actuel, le gouvernement congolais ne fait absolument rien et place tous ses espoirs dans la signature d’un hypothétique accord avec le FMI. Malheureusement pour lui, cet accord providentiel a été renvoyé aux calendes grecques, jusqu’à ce que les autorités congolaises consentent à satisfaire aux exigences du FMI en matière des audits sur la gouvernance et la corruption. Dans ce sens, madame Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a déclaré au cours d’une conférence de presse prononcée le vendredi 20 avril 2018, à l’occasion des réunions de printemps du FMI :

(…) Le projet de programme sera soumis au conseil d’administration et c’est à l’issue du conseil d’administration que l’on saura exactement quels sont les financements et quelles les conditions associées à ce programme. Nous avons des exigences en matière de gouvernance qui devront être mises en place très vite après l’approbation du conseil d’administration qui nous paraissent de nature à garantir une bonne utilisation des finances publiques et la bonne réalisation des objectifs du programme (…). Rien n’est donc acquis comme tente de le faire croire le gouvernement congolais. Tout est encore conditionné par la mise en œuvre par les autorités congolaises des exigences du FMI en matière des audits sur la gouvernance et la corruption.

Dans ce contexte extrêmement difficile, alors que l’Etat est en cessation de paiement et que chaque jour des milliers de Congolaises et de Congolais meurent pour cause d’extrême pauvreté, le gouvernement, au lieu de s’atteler à promouvoir des mesures sérieuses de redressement, pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle qui le plombe, le gouvernement, disons-nous, a aggravé la situation, en créant au cours du conseil des ministres du mercredi 2 mai 2018, trois nouvelles institutions (Conseil national du dialogue, Conseil consultatif des sages et notabilités traditionnelles, Conseil consultatif de la société civile et des ONG), institutions qui sont de nouvelles sources de dépenses faramineuses, sans toutefois dire comment il entendait financer ces nouvelles dépenses exorbitantes et inutiles, quand on sait qu’aujourd’hui, l’Etat congolais est en banqueroute. C’est tout simplement effarant, voire irresponsable.

Il faut souligner avec force que la mise en œuvre d’un conseil national du dialogue par le conseil des ministres du 2 mai 2018, vise un seul et même objectif : contourner le vrai dialogue politique national inclusif que le peuple congolais et la communauté internationale exigent instamment, pour lui substituer un simulacre de dialogue du type de ceux que le pouvoir a organisés à Ewo en 2011, à Dolisie en 2013, à Sibiti en 2015 et à Ouesso en 2016, parodies de dialogues qui ont montré leur limite et qui n’ont jamais réglé un seul des maux qui minent aujourd’hui le Congo. Loin s’en faut.

Le but poursuivi à travers cette manœuvre dilatoire est de permettre au président de la République de se construire une majorité mécanique au sein du conseil national du dialogue, dans le dessein de créer les conditions permissives de sa succession par son fils,  qui s’est du reste déjà porté candidat à la prochaine élection présidentielle anticipée que son président de père s’apprête à convoquer à son profit. La manœuvre consiste pour le président de la République, à convoquer après sa mise en place, la session inaugurale du conseil national du dialogue, pour faire passer comme une lettre à la poste, son plan de succession dynastique.

Pour revenir à la crise multidimensionnelle qui frappe de plein fouet le Congo, le plonge dans un chaos inédit et indescriptible et place les Congolaises et les Congolais de toutes les conditions et de tous les âges dans une situation de détresse absolue, pendant que le gouvernement se complaît dans une attitude de démission nationale, le président de la République quant à lui, n’entreprend rien pour contraindre les dignitaires du pouvoir qui ont planqué l’argent public dans des comptes privés à l’extérieur, à rapatrier au Congo, l’argent public détourné.

Pourtant tous ces responsables indélicats sont bien connus de lui. Ils sont 60 qui, selon les Panama Papers ont des comptes privés à Panama. En Chine, 4 dignitaires du pouvoir congolais totalisent à eux seuls, près de 6 mille milliards de F cfa dans leurs comptes privés. Des sources dignes de foi signalent l’existence d’autres comptes privés où l’argent public congolais a été logé, au Brésil, à Singapour, à l’Ile-Maurice, au Koweit, aux Emirats Arabes Unis, en Espagne, en Côte-d’Ivoire, en Guinée-Conakry, au Niger, en RDC, en Angola, au Maroc, etc.

C’est ici le lieu et l’occasion solennelle d’interpeller une fois de plus, le président de la République, afin qu’il prescrive à tous les tenants du pouvoir qui ont placé l’argent public à l’étranger, d’engager immédiatement, des démarches techniques appropriées, pour faire revenir cet argent au Congo, sous peine de dénonciation publique, car, leurs noms, les pays où ils ont placé l’argent et les comptes dans lesquels ils ont logé cet argent sont connus ; leurs listes sont disponibles. Par exemple, à Andor et Gibraltar, aux Iles Caïmans, à Dubaï, à Singapour, à Hong-Kong, à l’Île-Maurice, à Panama, à Monaco, en Uruguay, au Cap-Vert, aux Îles Bermudes et aux Antilles Hollandaises, ces fonds atteignent un montant de 9 milliards 147 millions de dollars, soit, 5 488 milliards 200 millions de Fcfa.

C’est également le lieu et l’occasion solennelle de se demander, comment le Congo qui, de 2003 à 2014 a engrangé d’énormes revenus générés par le pétrole, dont près de 14 mille milliards d’excédents budgétaires et qui a bénéficié en 2010, d’une réduction de 90% de sa dette au titre de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE), soit totalement ruiné et si endetté aujourd’hui ? Tous les acteurs politiques et tous ceux de la société civile sont interpellés devant le désastre que vivent les Congolais au quotidien.

Quelles sont les responsabilités et quels sont les devoirs de chacun face au chaos actuel ? Qui est l’auteur principal de l’effondrement actuel du Congo, marqué par la dérive autoritaire du pouvoir, le bâillonnement des libertés individuelles et collectives, les arrestations et emprisonnements arbitraires, les complots imaginaires, les procès fabriqués, l’endettement explosif du pays, le grave déséquilibre des comptes, l’illiquidité de l’économie et celle de l’Etat qui n’arrive plus à faire face aux principaux paiements.

Quels sont ceux qui ont accompagné un pouvoir qui, par une gouvernance irresponsable et désastreuse a plongé le Congo dans l’abîme ? L’opposition congolaise et les associations de la société civile ont-elles œuvré suffisamment, pour arrêter la main porteuse des malheurs des Congolais, en conscientisant et en mobilisant le peuple, dans le dessein de lui faire prendre conscience de la faillite  qui se profilait à l’horizon et de l’inciter à se dresser contre les fossoyeurs ?

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Extrait du communiqué final de

la 12 è coordination nationale de l’Alliance A.R.D

Brazzaville 12 mai 2018

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Dans : Politique
Par congobrazzaville2016
Le 16 mai 2018
A 11 h 31 min
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